Gilles Caron. ScrapbookLibération, jeudi 16 février 2012, une + rubrique « Culture », article de Brigitte Ollier, pages 1, 24-25


Gilles Caron. ScrapbookLe Monde, n° 20852, du samedi 4 février 2012,
article de Michel Guerrin, page 8 du cahier « Culture & idées »

Gilles Caron. ScrapbookLes Inrockuptibles, n° 844, du 1er au 7 février 2012, article de Jean-Marie Durand, page 114

Gilles Caron. ScrapbookLe Nouvel Observateur, n° 2463, 19-25 janvier 2012,
rubrique « Arts-spectacles », page 110-111

Louis Pons – La plume est le dard du dessinateurLouis Pons, la plume du fabuliste
Je tue le temps à coups de plume Sergent-Major. Ce sera long." La déclaration est de Louis Pons. Il tue le temps à petits coups de plume d'acier trempée dans l'encre depuis une soixantaine d'années. C'est long, en effet. Cela fait des milliers de dessins. Pons fera le désespoir de celui qui, un jour, se donnera pour tâche de dresser le catalogue de ses oeuvres. Sur combien d'enveloppes adressées à ses correspondants a-t-il dessiné, un jour un animal humanisé, un jour un humain animalisé ? Combien d'insectes imaginaires a-t-il rassemblé dans ses planches d'entomologie onirique ? Combien de visages interrogatifs ou inquiets a-t-il fait surgir parmi des taillis de lignes, des buissons de traits croisés ?
Pons est donc du côté de l'innombrable. De celui de l'inexplicable, aussi. Si l'on s'en tient aux faits, ils sont d'une simplicité décourageante. Pons naît à Marseille en 1927. Avant d'avoir eu 20 ans, il est comptable, ouvrier agricole, peintre en bâtiment, dessinateur de presse - quelques jours ou quelques mois. En 1948, il tombe malade - tuberculose. Dans un sanatorium, puis dans les villages de haute Provence où il doit soigner ses poumons, il dessine à l'infini, bien qu'il n'ait fréquenté aucune école des beaux-arts.
Il s'apprend à lui-même, il perfectionne sa manière graphique, il en varie les ressources, il la pousse à l'extrême. On ne peut donc le ranger dans l'art "brut", en dépit de l'absence de toute formation artistique préalable. Ni dans le surréalisme, en dépit de quelques affinités ressenties dans les années 1950 et vite désamorcées. Il ne reste qu'à admettre que Pons a pu, par ses seuls moyens, développer un style graphique d'une précision et d'une complexité extravagantes.
A Rodez, l'exposition réunit une centaine de feuilles, qui, pour beaucoup, datent des années 1950 et 1960. On peut - on doit - les étudier une à une, se glisser dans les entrelacs de branches, d'artères, de tentacules et de nerfs. Mais leur rassemblement incite à les considérer d'une autre manière, par rapprochements et, si l'on peut dire, superpositions. Il se révèle alors que Pons ne se contente pas de tuer le temps.
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Philippe Dagen, Le Monde, 1er septembre 2011
Les Journées. Camille Saint-JacquesLa superbe discrétion de Camille Saint-Jacques
Camille Saint-Jacques est un artiste rare, presque invisible, qui s'ingénie à le rester. Parader, poser au grand inspiré ou au révolutionnaire, autant d'attitudes qui l'ennuient ou le font rire. À l'inverse de la majorité de ses confrères, ce peintre, né en 1959, ne fait pas le moindre effort pour montrer ses oeuvres.
On l'a même vu, poussant la frustration à son paroxysme, organiser dans une galerie parisienne une exposition qui ne durait qu'une journée et dont il n'avait prévenu que quelques initiés. Aussi, quand il écrit - avec légèreté et subtilité -, est-ce pour proposer une Esthétique de la poussière, une entrée en matière (éd. Liénart, 152 p. 20 euros).
Au Centre d'art de Montbéliard (Doubs), l'exposition dure plus longtemps - tout l'été -, mais elle ne réunit que onze aquarelles, juste épinglées aux murs d'une salle blanche. Les unes semblent des cartes des cieux traversées de comètes et saupoudrées de constellations, éclairées pour certaines par des soleils d'une blancheur blessante. D'autres paraissent être des vues subaquatiques ou des reflets à la surface d'un bassin ou d'une flaque. Pour chacune, Saint-Jacques peint d'abord en différentes nuances de gris ou de rouges de longues bandes qui font office d'encadrements, afin qu'il soit en principe impossible d'oublier qu'il s'agit de peintures, d'effets réfléchis, d'une suite de gestes, de reprises et d'effacements. Ces précautions ne suffisent pas et l'oeil se laisse attirer dans les profondeurs de ces cosmogonies et de ces fonds marins troubles où flottent des méduses ou des globules comme dans des mondes réels.
Il affronte l'éblouissement stellaire des blancs. Il glisse souplement le long des gradations de l'obscurité. Il jouit des rehauts de verts et de bleus comme d'heureuses surprises. Ces grands papiers sont des poèmes qui entraînent du côté de la rêverie. Ils méritent une admiration sans réserve et l'on ne peut se retenir de penser que les mêmes, montrées dans un lieu moins secret - à Venise, à la Punta della Dogana, par exemple -, deviendraient en un instant l'objet d'une rumeur et d'une convoitise générales. Mais c'est justement ce que Saint-Jacques ne veut pas.
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Philippe Dagen, Le Monde, 30 juillet 2011
Femmes de MallarméQuelques lectures instructives autour d'Edouard Manet
Le catalogue de l'exposition développe les thèmes qui organisent l'accrochage, ses chapitres correspondant aux sections du parcours. L'argumentation, n'étant plus limitée par les prêts, s'en trouve renforcée (Manet, inventeur du moderne, sous la direction de Stéphane Guégan, Gallimard, "Livre d'art", 336 p., 42 €).
Dans sa monographie, James Rubin, historien de l'art américain spécialiste des contextes sociaux et culturels du XIXe siècle, conduit ses analyses dans des directions très proches. Plus qu'à des questions de facture et de style, qu'il considère comme connues depuis longtemps, il s'attache aux implications politiques sous-entendues dans nombre de tableaux et à l'entourage de peintre (Manet, de James Rubin, trad. Jeanne Bouniort, Flammarion, "Monographie", 416 p., 49 €).
Même évolution de l'historiographie dans la biographie de Beth Archer Brombert, qui veut corriger la vision d'un Manet "pur peintre" et rappeler l'importance de sa culture, non seulement artistique, mais encore littéraire. Aussi est-elle attentive à ses relations avec Charles Baudelaire ou Emile Zola qui, dans un cas comme dans l'autre, ne furent simples (Manet. Un rebelle en redingote, de Beth Archer Brombert, trad. Jacques François Allain, Hazan, "Beaux- arts", 480 p., 28 €).
A ces ouvrages classiques, il faut en ajouter de plus singuliers : Eric Darragon, spécialiste français de Manet, imagine un dialogue entre un historien et un peintre actuels. Ils parlent librement de Manet et d'Edgar Degas, de leurs rapports, de leurs attitudes, de ce que l'histoire en a dit jusqu'à aujourd'hui. Fondé sur une connaissance d'une précision confondante, ce livre agit à la façon d'un tonique pour la réflexion (Il était plus grand que nous ne le pensions, d'Eric Darragon, Nouvelles Editions Scala, "Ateliers imaginaires", 206 p., 19 €). Quant aux Femmes de Mallarmé, on ne le citerait pas si Manet et Stéphane Mallarmé, grands amis, n'avaient eu aussi des amies communes. La plus remarquable fut Méry Laurent, modèle, comédienne, muse et amante du peintre et du poète, sur laquelle on découvre beaucoup ici (Les Femmes de Mallarmé, d'Anne Borrel, Lienart, 120 p., 25 €).
Philippe Dagen
Le Monde, article paru dans l'édition du 05.04.11

Parce qu'il aime ce qu'il n'a pas
Histoire(s) de la sexualité
Pascal Pistacio
Le Monde, supplément beaux-livres, vendredi 11 décembre 2009


Les Fastes
Jean-Paul Marcheschi
Jacques Roubaud
France Culture, Répliques, émission d'Alain Finkielkraut, samedi 27 juin 2009

